Coup de cœur ciné d'octobre : Au revoir Là-haut, d’Albert Dupontel

Photo : Albert Dupontel et Laurent Lafitte (de la comédie française), Au revoir Là-haut | Gaumont Distribution

Cinéma

Coup de cœur ciné d'octobre : Au revoir Là-haut, d’Albert Dupontel

Solidarts

Quatre ans après le succès de son film 9 mois ferme, Albert Dupontel signe une magnifique adaptation, à la fois libre et fidèle, du roman Au revoir Là-haut (prix Goncourt 2013) de Pierre Lemaître. Un véritable bijou du cinéma français à ne pas manquer.

Au revoir là-haut, c'est d'abord un roman de Pierre Lemaître paru en août 2013 et lauréat du prix Goncourt de la même année. C'est un fait, il est extrêmement difficile d'adapter un roman à l'écran, et souvent, les lecteurs des livres sont très déçus. Au vu du succès remporté par le livre, acclamé aussi bien par la presse que par le public, le pari était d'autant plus risqué. Même Albert Dupontel lui-même, à qui l'on doit déjà le déjanté Bernie (1996), était d'abord réticent à se lancer dans l'adaptation suicide de ce roman de 600 pages, qu'il avait dévoré en seulement deux nuits. Le pari était donc risqué, certes, mais surtout il est réussi !

Ce qui frappe dès les premiers plans d'Au revoir là-haut, c'est la réalisation sublime portée par des mouvements de caméra aériens et audacieux. Dupontel nous livre ici une véritable œuvre d'art, d'une beauté folle, sublimée par d'incroyables décors et des costumes magnifiques. Impossible d'ailleurs, en parlant des costumes, de ne pas souligner la beauté des masques du personnage d'Édouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart), pensés par Cécile Kretschmar. Ce que l'on retient ensuite, c'est le casting tout aussi impressionnant que la mise en scène. Albert Dupontel qui incarne le personnage principal est, comme à son habitude, à la fois drôle et touchant et Niels Arestrup est juste parfait dans le rôle du père autoritaire et de l'homme d'affaire impitoyable. Que dire du fascinant Nahuel Pérez Biscayart, découvert dans 120 battements par minute qui est envoûtant dans le rôle d'Édouard Péricourt. Bien que l'on ne voit jamais pleinement son visage, il réussi à nous captiver avec son regard perçant et sa gestuelle proche de la comedia dell'arte. Hitchcock disait à juste titre que "plus le méchant est réussi, plus réussi sera le film", mention spéciale donc au génial Laurent Lafitte qui campe un impressionnant lieutenant Pradelle. Le pensionnaire de la comédie française est un habitué de ce type de personnage à la moralité plus que douteuse mais à l'élégance ravageuse qui fait que l'on adore le détester.

Au revoir là-haut réuni toutes les caractéristiques nécessaires à un grand film. À la fois drôle, émouvant et divertissant, il est de ces films qui font accélérer le temps, et l'ingéniosité de sa réalisation n'a rien à envier à celles des grosses productions américaines. Chapeau bas monsieur Dupontel.

 

Synopsis :  Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

 

Au Revoir Là-Haut, un film d'Albert Dupontel avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Pérez Biscayart, Niels Arestrup, Emilie Dequenne et Mélanie Thierry. Gaumont distribution, en salles depuis le 25 octobre 2017.

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